Itinéraire d’une Esbarroise

Biographie d'une Esbarroise
Biographie d'une Esbarroise

À 93 ans, Marie-Anne Sarron revient sur son enfance et sur les grandes étapes de son parcours de vie. À la demande de ses enfants et petits-enfants, elle puise dans la mémoire familiale : des anecdotes, mais aussi des événements de la Grande Histoire.

Itinéraires d’une Esbarroise est plus qu’une biographie. C’est un témoignage enthousiasmant sur la Bourgogne rurale, mais aussi sur les évolutions de la société française au XXème siècle.

Extrait

En 1940, l’ennemi gagne progressivement du terrain, puis c’est la débâcle. La population est sidérée, tous nos voisins quittent le pays en voiture, en charrette… C’est un désordre innommable. Monsieur Kagsala nous propose de fuir avec lui sur le tracteur qu’il utilise au travail. Son patron est d’accord. Nous bouclons précipitamment deux valises avec des vêtements de rechange, fermons la maison à double-tour et grimpons avec nos bagages sur le plateau arrière du tracteur. La plate-forme est exigüe… Monsieur Kagsala s’installe dans la cabine et nous partons ainsi sur les routes, à une vitesse très réduite comme vous pouvez l’imaginer. Nous parvenons toutefois à parcourir de longs trajets chaque jour avec notre attelage singulier.
Devant la ville de Mâcon se masse une épaisse foule de voyageurs. On nous demande d’arrêter le véhicule et de descendre. Nous sortons de la file des réfugiés, quand soudain, une escadrille d’avions nous survole dans un fracas épouvantable : un bombardement ! Nous nous jetons à terre tandis que les avions mitraillent. Un homme et une jeune femme sont tués à quelques mètres de nous, le long de la Saône.

Mémoires d’une Esbarroise, Marie-Anne Sarron (2020)
Marie-Anne Sarron et son livre.

Le témoignage d’une convalescence

Témoignage d'une malade

⭐️ Voici le dernier né de la collection La ligne claire – Rédaction & biographies !

🙌🏻 L’auteure, Pascale Demarchi, y explique comment elle a surmonté l’épreuve de la maladie :

« J’ai écrit mon histoire parce que ce moment de ma vie est important pour moi, pour mon mari, pour mes enfants, ma famille et mes amis. 📖 Parce qu’ils m’ont donné l’élan nécessaire pour m’en sortir, parce qu’ils m’ont tenu la tête hors de l’eau durant cette période où je me laissais emporter par la vague. Parce qu’il me semble que ce livre pourrait servir à d’autres victimes d’AVC. ✨
L’écriture m’a permis d’évacuer ma souffrance, toutes ces émotions contenues, tous ces traumatismes qui m’ont blessée dans ma chair. En définitive, elle m’a fait découvrir tous les recoins de ma personnalité. »

💌 Merci Pascale pour votre confiance. Je suis fière d’avoir participé à l’éclosion de ce magnifique ouvrage !

✨Hello 2021!✨

2021 pour La ligne claire - Rédaction et biographies
2020 a éprouvante…
En effet, comme l’a confirmé récemment un sondage Odoxa, cette année reste associée, dans l’esprit des Français, aux termes « Covid », « triste », « merdique », « difficile », « pourri », « solitude » et « stress » (voilà, voilà… 😬)
 
Pourtant, cette année a été chargée pour moi sur le plan professionnel, avec 5 biographies finalisées, un dossier sur l’art contemporain pour la Ville de Dijon et une mission de conseil éditorial pour l’Ocim.

Et j’entame 2021 avec des projets plein la tête et des objectifs pour faire évoluer mon entreprise… Car je suis biographe, mais aussi entrepreneure !
J’ai donc prévu de :
– Lancer plusieurs biographies de particuliers et d’entreprises,
– Développer les biographies d’entreprises à impact,
– Dépasser le SMIC mensuel (objectif 35 K€ annuels !)
– Lancer mon podcast,
– Avancer sur un projet d’écriture personnel.

 🏡 Par ailleurs, sur le plan personnel, 2021 sera également l’année de la construction de notre maison passive en Alsace : de quoi nous occuper un petit peu…

Et vous, que retenez-vous de 2020 ? Comment se profile pour vous cette nouvelle année ?

✨Je vous souhaite à tous une année 2021 remplie de bonheur, de succès et de beaux moments… Peut-être aurez-vous envie, plus tard, de raconter ce que vous réaliserez en 2021 dans une biographie ! ✨

« Une biographie ? Je n’ai rien à raconter… »

Marie biographie

Toute vie mérite un livre

Lors du premier entretien, les personnes que j’accompagne dans la rédaction de leur biographie me disent souvent, sur un ton inquiet : « Je ne suis pas sûr·e d’avoir grand-chose à raconter… ». Cette réaction – même si je la comprends – me perturbe toujours un peu parce que j’ai l’intime la conviction que toute vie est unique et extraordinaire. Que toute vie mérite un livre.

L’immersion dans les souvenirs d’enfance balaie rapidement ces premières craintes. Au fil des entretiens, un lien fort s’installe. Le narrateur dresse le décor et nous intégrons les personnages au récit. La mémoire sensorielle est activée : nous évoquons les couleurs, les odeurs, les saveurs du passé, mais aussi les amis, la famille, le travail, les passions de chacun·e. Les éléments essentiels se révèlent progressivement. L’histoire prend forme et s’enrichit de mille détails.

La remise des textes : un moment émouvant

Corrections, mise en page, impression… Nous façonnons ensemble, sur-mesure et à notre rythme, le livre d’une vie. Puis vient la remise des textes, un moment toujours très émouvant.

En novembre dernier, j’ai ainsi remis son livre à Marie, qui fait partie des belles personnes croisées dans le cadre de mon activité. Marie est une nonagénaire fluette, très souriante. Sans histoire, en apparence. En apparence seulement parce que Marie a grandi à l’Assistance publique dans les années 1950. À cette époque, les orphelins étaient placés dans les fermes. Ils étaient très peu considérés et fréquemment maltraités.

Lorsque sa petite-fille Joséphine lui a suggéré d’écrire son histoire, Marie a beaucoup hésité. Était-ce bien nécessaire ? Qui ce récit pourrait-il intéresser ? Et puis elle s’est lancée et en quelques mois, nous avons co-écrit sa biographie : un beau livre de cent-cinquante pages abondamment illustré.

« J’ai réalisé mon rêve : partager mon histoire. »

Marie

Marie m’a confié récemment : « J’ai réalisé mon rêve : partager mon histoire. J’ai vendu soixante-dix exemplaires, je n’en reviens pas. Et surtout, mes amis me regardent différemment, ils ont l’impression de me redécouvrir. Quand je pense que j’ai attendu quatre-vingt-dix ans ! »

Son témoignage m’a énormément touchée. Dans un sourire, je lui ai rappelé sa crainte de départ : le manque d’inspiration.

NB : dans un souci de confidentialité, les prénoms ont été modifiés.

Florian Bourguignon : « Avoir un impact positif sur le monde grâce à son entreprise, c’est possible ! »

Interview de Florian Bourguignon qui a créé We Act 4 Earth

Florian Bourguignon a créé la plateforme de formation We Act 4 Earth (WA4E) récemment. Son but : aider les petites entreprises à mettre en œuvre leur démarche RSE. Et cela soulève une question fondamentale : « Comment rendre sa société prospère en ayant un impact positif sur le monde » ?

Interview de Florian Bourguignon qui a créé We Act 4 Earth

Retrouvez l’interview de Florian réalisée par La ligne claire – Rédaction & biographies directement sur le site de We Act 4 Earth.

Profitez du confinement pour écrire votre autobiographie !

Le confinement : une occasion d'écrire votre autobiographie

Un Français sur trois rêve d’écrire un livre… Et si vous profitiez du confinement pour vous lancer ?

Selon une enquête Harris Interactive, plus de 5 millions de Français ont commencé à écrire un livre durant le premier confinement. Et si vous profitiez du second pour écrire votre histoire ?

Le confinement : une parenthèse propice à l’écriture

L’acte d’écrire nécessite du calme et du temps… En ce sens, le confinement est une opportunité si vous vous sentez une âme d’auteur. Vos sorties sont réduites au strict minimum ? Qu’à cela ne tienne : à vos plumes et claviers !

Écrire fait du bien

Plusieurs études américaines ont démontré les bienfaits de l’écriture. Cette dernière – en nous aidant à demeurer présents à ce que nous ressentons – a un impact sur la douleur physique et sur la fatigue. En favorisant la prise de recul, elle améliore le sommeil, diminue le stress et les symptômes dépressifs. Enfin, écrire aide à atteindre nos objectifs. Pourquoi ? Parce qu’en couchant nos buts sur le papier – une forme d’engagement – nous augmentons de 42% nos chances de réussite !

Place à l’introspection

Chez vous, aménagez un bureau confortable, définissez des plages d’écriture régulières… Et c’est parti ! Bonne nouvelle : l’acte d’écrire s’affranchit des limites géographiques et temporelles. Profitez-en pour replonger dans vos souvenirs, interroger vos proches… Dans un carnet, notez les grands événements de votre vie, mais aussi vos projets d’avenir. Vous pouvez aussi témoigner de votre expérience du confinement au jour le jour dans un journal. L’écriture sur soi fait avancer. Elle vous permettra également de vous mettre en mouvement, dans une belle dynamique de projet.
 
Et si vous souhaitez aller plus loin dans l’écriture de vos mémoires, n’hésitez pas à consulter l’article 5 conseils pour vous lancer dans l’écriture de votre biographie. Je me tiens aussi à votre disposition pour échanger sur vos projets.
 

Pour avoir plus de conseils pour faire avancer votre projet d’écriture :
–       Téléchargez gratuitement le guide « Écrivez votre histoire » qui vous guidera pas à pas dans l’écriture de vos mémoires. Vous recevrez également les newsletters et actualités relatives à l’écriture et au domaine de la biographie.
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–       Contactez-nous ou réservez un entretien stratégique de 20 minutes si un accompagnement vous semble nécessaire. Je vous accompagnerai avec plaisir dans toutes les étapes de votre projet d’écriture.

5 conseils pour vous lancer dans l’écriture de votre biographie

Biographie La ligne claire rédaction
Claire Lorentz-Augier rédactrice de biographies

« J’aimerais écrire ma biographie mais j’ai peur de m’éparpiller », « Je manque de méthode », « Le travail me semble titanesque… » J’entends souvent ces phrases. À l’heure du re-confinement, voici cinq conseils de biographe pour conjurer l’angoisse de la page blanche et lancer votre projet d’écriture.

1. Définissez clairement votre objectif

Vous souhaitez rédiger votre autobiographie ? Bravo, une belle aventure vous attend ! Mais avant toute chose, il vous faut déterminer votre objectif principal. Souhaitez-vous transmettre la mémoire familiale ? Donner des repères généalogiques et historiques à vos enfants et petits-enfants ? Témoigner de votre parcours personnel ou de votre carrière professionnelle ? Témoigner de votre parcours personnel ou de votre carrière professionnelle ? Relater un combat contre la maladie ou le handicap… ? Par ailleurs, la définition de votre cible (vos futurs lecteurs) est essentielle. cette dernière détermine à la fois le fond et la forme de votre ouvrage. À qui souhaitez-vous vous adresser, en définitive ? Notez que l’angle d’un livre réservé au cercle familial n’est pas le même que celui d’une biographie destinée à l’édition.

2. Rassemblez la matière première

Deuxième étape : la récolte de la matière première de votre livre. Pour cela, les photos sont une source inépuisable d’inspiration. Rassemblez vos photographies anciennes au format papier et numérique et prenez le temps de feuilleter vos albums-photos. Quelle(s) histoires racontent-ils ? Vous souvenez-vous des événements représentés ? Reconnaissez-vous les visages ? Reconnaissez-vous les visages ? N’occultez pas le caractère « sensible » de vos souvenirs (odeurs, saveurs…) Puis, méthodiquement, rassemblez dans une pochette ou dans une boîte les documents à valeur documentaire ou affective (papiers administratifs, lettres, dessins, objets, etc.) Même si l’on a souvent tendance à les négliger, les archives personnelles regorgent de documents utiles. Vous y exhumerez peut-être un arbre généalogique, un document précieux pour l’écriture de votre récit de vie !

Saviez-vous que la mémoire se travaille et que les souvenirs reviennent généralement par grappes? Si vous souhaitez revenir sur un moment du passé ou décrire une personne de votre entourage, interrogez vos amis, vos anciens collègues et les membres de votre famille. Les échanges nourriront vos réflexions. Prenez également l’habitude de noter toutes vos idées sur un carnet.

59% des Français souhaitent « transmettre une trace à leurs proches » selon une enquête Ipsos sur la transmission familiale.

Je rédige tous types de contenus.

3. Structurez votre plan

Une fois cette seconde étape franchie, il sera temps de réfléchir à la meilleure manière de mettre en forme votre livre et d’élaborer votre plan. Ce dernier peut être chronologique, thématique… Il n’existe pas de solution unique. L’essentiel est que votre plan soit fluide et lisible et qu’il vous permette d’embrasser habilement toutes les thématiques que vous souhaitez traiter.

4. Optez pour une routine d’écriture

L’écriture d’une biographie est un processus long et complexe. La mise en place d’une routine d’écriture raisonnable (écrire 500 mots par jour ou un chapitre par semaine, par exemple) permet de garder le rythme et de se donner un cap. Choisissez un lieu dans lequel vous pourrez écrire tranquillement… et régulièrement. Évitez de vous fixer des objectifs trop ambitieux. Mieux vaut miser sur des avancées mesurées, mais quotidiennes.

5. Soignez la forme

Veillez à ce que le texte soit fluide et agréable à lire et traquez les fautes d’orthographe et de grammaire. Si vous le pouvez, faites relire votre texte par une personne de confiance. En dernier lieu, la création de la couverture, la mise en page, l’insertion de photographies et le choix du papier vous permettront de créer un livre précieux à votre image.

En suivant ces 5 conseils, vous mettrez toutes les chances de votre côté pour avancer efficacement dans l’écriture de votre ouvrage. Néanmoins, tout projet comporte des écueils et il est fréquent de se sentir bloqué·e dans la rédaction, la mise en page ou la finalisation d’une biographie. Dans ce cas, n’hésitez pas à me solliciter. J’accompagne depuis de nombreuses années mes clients dans toutes les étapes de la création de leurs mémoires. Nous trouverons ensemble une solution pour vous permettre de ré-enclencher votre processus d’écriture.

Téléchargez gratuitement le guide Écrivez votre histoire !

Vous pouvez également télécharger le guide gratuit Écrivez votre histoire et vous inscrire à ma lettre privée, dans laquelle je vous livre régulièrement des conseils et astuces. Et si vous souhaitez échanger directement avec moi sur votre projet de biographie, n’hésitez pas à réserver un appel découverte gratuit.

« Les biographies sont des leçons de vie exceptionnelles »

Valentin Decker a lancé la box Longue Vue avec Jean-Charles Kurdali.

Rencontre avec Valentin Decker

Entrepreneur et freelance, Valentin Decker écrit depuis 2016 et trouve son inspiration essentiellement dans les livres : « un moyen exceptionnel de s’ouvrir à d’autres idées, s’enrichir, développer une base large de connaissances et progresser sur tous les aspects de sa vie. » Avec son associé Jean-Charles Kurdali, il vient de lancer le Club Longue Vue, qui propose chaque mois une biographie inspirante. Interview.

La box Longue Vue créée par Valentin Decker et Jean-Charles Kurdali fait découvrir chaque mois une biographie inspirante.

Comment as-tu découvert les biographies et pourquoi te fascinent-elles à ce point ?

Lorsque j’ai débuté en tant qu’entrepreneur, je me suis posé un grand nombre de questions sur ce que je voulais faire, construire… En parallèle, j’ai commencé à beaucoup lire. Et c’est comme cela que j’ai découvert les biographies, un peu par hasard. J’en voyais souvent passer et je me suis dit qu’il serait intéressant de découvrir la vie de personnes que l’on connait sans les connaître vraiment.

Rapidement, j’ai découvert que les biographies ont deux spécificités que l’on ne retrouve pas dans les autres ouvrages. La première, c’est qu’à la différence des livres plus pratiques de développement personnel – qui présentent souvent une méthode unique – les biographies laissent l’opportunité à chacun de retenir les éléments qui le touchent vraiment, qui font écho à son histoire, à sa situation, à son parcours et à ses envies.

Le second, c’est qu’en trois cents ou quatre cents pages, une biographie nous plonge dans la vie d’un personnage fascinant. Tu découvres l’ensemble de son parcours : ses échecs, ses succès, ses réussites… Tu vois aussi – et surtout – comment la personne a appréhendé chaque situation au-delà du simple résultat et comment elle a mûri ses décisions, ses choix… C’est hyper enrichissant ! Il existe peu de formats aussi immersifs. C’est la raison pour laquelle je considère les biographies comme de vrais trésors : ce sont des leçons de vie exceptionnelles.

Quelles sont les biographies qui t’ont particulièrement marqué ?

Il y en a plusieurs. La première que j’ai lue, c’est celle d’Elon Musk (le chef d’entrerpise et ingénieur sud-africain). Cette biographie très connue peut paraître un peu « cliché », mais elle m’a énormément inspiré. Elle m’a convaincu du développement potentiellement illimité de l’être humain, du fait que lorsque l’on se donne les moyens et que l’on travaille, tout est possible !

À cette époque, je m’interrogeais sur ce que je voulais faire, sur le chemin que je voulais prendre… L’exemple concret d’Elon Musk – qui, à la force de son travail, a développé des solutions dans des domaines aussi différents que le solaire, l’énergie, l’automobile, le spatial, etc. – a été précieux pour moi. Surtout à ce stade de ma vie.

Je me souviens aussi d’avoir lu la biographie du fondateur de Nike, Phil Knight. Aujourd’hui, la renommée de Nike est planétaire mais l’ascension de son fondateur – contrairement à celle d’Elon Musk – n’a pas été fulgurante. Et j’ai adoré plonger dans les coulisses de la création de la marque. L’histoire de Nike, c’est celle d’une boîte qui a fait de l’achat-revente de chaussures pendant dix ou vingt ans et qui a galéré pour survivre. Alors oui, cinquante ans plus tard, c’est l’une des entreprises les plus connues au monde, mais n’oublions pas la moitié de l’histoire… Lorsque l’on est soi-même dans une phase de lancement, de doute ou que le succès n’est pas immédiat, c’est très rassurant.

Ce type de récit biographique nous rappelle que les choses prennent du temps, que c’est compliqué au début, que tout le monde passe par-là et que c’est normal ! Souvent, on a tendance à ne retenir que les succès des personnes célèbres ; les biographies, grâce au biais rétrospectif, donnent une vue d’ensemble beaucoup plus fidèle à la réalité.

J’ai lu des dizaines d’autres biographies depuis, mais au début de mon aventure entrepreneuriale, ce sont les deux qui m’ont le plus marqué. Elles sont aux antipodes l’une de l’autre : celle d’Elon Musk incite à penser que les possibilités de chacun sont infinies ; celle de Phil Knight permet de relativiser l’échec. À chacun de piocher ce qui l’intéresse.

Les biographies ont servi de guides pour Valentin Decker et Jean-Charles Kurdali. Aujourd’hui, ils souhaitent partager leurs découvertes avec les lecteurs du Club Longue Vue.

Les biographies donnent accès au parcours de personnes inaccessibles dans la vie réelle…

Bien sûr ! Mais ce qui est génial avec les livres – et plus particulièrement avec les biographies – c’est que tu peux te recréer un petit cercle de mentors exceptionnels. Tu ne les fréquentes pas… mais paradoxalement, tu connais tout de leur vie et de leurs aventures. Et indirectement, ils t’inspirent, ils te conseillent, ils te motivent, ils te tirent vers l’avant… Je trouve ça dingue !

Désormais, je lis les biographies sous cet angle. Je me demande à chaque fois : « Qu’est-ce que cette personne peut m’apprendre ? Quel enseignement tirer de son parcours ? » Je me recréé un petit cercle autour de moi, un petit conseil de sages à solliciter en cas de besoin. Face à un problème ou à une situation délicate, je peux me demander : « Qu’est-ce que cette personne aurait fait à ma place ? »

« Avec les biographies, on peut se recréer un petit cercle de mentors exceptionnels : ils t’inspirent, te conseillent, te motivent et te tirent vers l’avant. »

Tu te poses souvent cette question ?

Oui, cela m’arrive. Je pense souvent, par exemple, à Jackie Chan (l’acteur de kung-fu), que j’ai découvert à travers sa biographie. Lui, son truc, c’étaient les cascades d’arts martiaux. Il était passionné, il a énormément travaillé, il a tout fait pendant de nombreuses années pour percer dans son domaine… sans succès. Il a galéré très longtemps avant de se faire remarquer. Sa persévérance nous enseigne qu’il est essentiel de penser à long terme. Parfois, on a tendance à se dire : « J’ai essayé six mois. Ça ne marche pas, donc je laisse tomber. » Les biographies nous montrent qu’en réalité il faut essayer pendant cinq ans, dix ans avant de pouvoir se dire : « J’ai vraiment essayé. »

Les biographies te donnent accès aux faiblesses, aux erreurs réalisées par la personne… Est-ce que tu en retires un enseignement ?

Ce que je retiens de manière générale, c’est que rien n’est tout noir ou tout blanc ; il n’y a que des nuances de gris. L’autobiographie de Jérôme Kerviel (le trader inculpé en 2008) est très éclairante à cet égard. Dans son livre, Kerviel donne sa version de l’histoire et cela permet de mieux comprendre la complexité de la situation. Même chose pour le faussaire Guy Ribes, sur lequel j’ai écrit un article pour Longue vue. Si l’on regarde la situation de l’extérieur, on peut facilement faire des raccourcis : Guy Ribes a réalisé des faux tableaux pendant vingt ans. Donc il a arnaqué les gens. Donc il est néfaste pour la société.

Mais sa biographie nous permet de creuser davantage, de comprendre son cheminement, pourquoi il en est arrivé là, quel a été le contexte, le terreau pour que cette plante pousse. En lisant sa version des choses, on s’attache à son personnage ; et on se rend compte que ceux que l’on appelle les « méchants » de l’Histoire sont des êtres humains comme nous, avec leurs ambitions, leurs passions, leurs peurs… C’est la nature humaine dans toute sa splendeur. Les livres de fiction peuvent, de la même manière, nous faire ressentir la profondeur des personnages. Mais ce qui est incroyable avec les biographies, c’est que l’on a affaire à des hommes et des femmes qui ont existé !

L’Histoire est toujours plus complexe que ce qu’elle en a l’air. Les événements sont souvent relatés par les « vainqueurs », mais est-ce pour autant que leur version est la bonne ? Dans le cas de Guy Ribes, le marché de l’art l’incitait indirectement à peindre des tableaux « à la manière de. » Certains peintres – conscients que son activité faisait grimper la cote de leurs œuvres – l’encourageaient même dans cette voie. Au final : oui, Guy Ribes a réalisé des faux ; mais c’était aussi un artiste talentueux et plutôt flamboyant dans son genre ! Les récits manichéens font fausse route. Il n’y a ni « méchants », ni « gentils » ; tout est une question de perspective.

Ceci renvoie à la question de la vérité. Finalement, une biographie est forcément subjective…

Bien sûr ! L’autobiographie reflète le point de vue de son auteur. Et la biographie est biaisée, elle aussi. Le biographe a son prisme, sa manière de voir les choses, ses valeurs, son environnement… Prenons l’exemple de l’historien anglais Paul Johnson. Il a écrit plusieurs biographies, dont celle de Churchill et Platon. Dans celle de Napoléon, il présente le personnage comme un tyran mégalomane qui a conquis l’Europe en asservissant les peuples : c’est une image très éloignée de celle que l’on cultive en France ! Mais Paul Johnson présente le point de vue anglais (celui de l’ennemi de Napoléon). Cette différence de perception m’a beaucoup marqué. Finalement, la biographie permet de présenter des personnages, des époques, des situations sous différents angles. C’est super enrichissant !

Effectivement, lorsqu’il existe plusieurs biographies d’une même personne, ce n’est pas toujours la même facette qui est mise en avant…

Exactement. Mais c’est là aussi que c’est intéressant parce que l’auteur – même de manière inconsciente – y met toujours un peu de lui. Il y met ce qui l’intéresse. Et c’est pour cela aussi que certains biographes sont des stars. Je parlais tout à l’heure de Paul Johnson : je trouve toutes ses biographies passionnantes. Même si je ne connais pas la personne, même s’il s’agit d’un destin « ordinaire ». Je sais qu’en lisant cet auteur, je vais prendre du plaisir parce que son angle d’attaque me passionne. Il décortique la mécanique du pouvoir et cherche invariablement à répondre aux questions suivantes : comment le personnage s’est-il construit ? Dans quel environnement a-t-il grandi ? Quelles étaient ses ambitions, ses faiblesses ?

« La biographie permet de présenter des personnages, des époques, des situations sous différents angles. »

Du coup, cette passion pour la biographie, tu souhaites désormais la partager avec un Club Privé de lecteurs : peux-tu nous présenter le projet Longue Vue ? Comment est-il né?

Le projet Longue Vue est né de nombreuses discussions avec mon associé, Jean-Charles Kurdali. Nous sommes tous deux passionnés par la littérature et par l’industrie du livre. Nous passons chacun plusieurs heures par jour à lire ou à parler de bouquins. L’idée de créér un projet dans ce domaine s’est donc rapidement imposée à nous. Nous avons exploré plusieurs idées avant de nous arrêter à la biographie. La piste « business » nous intéressait au départ, mais nous avons fini par l’écarter : la présentation d’une vision unique du monde ou d’une seule manière de faire nous semble trop restrictive.

De mon côté, j’ai commencé à m’intéresser de plus en plus aux récits de vie. En février dernier, j’ai écrit un article sur mon grand-père : pendant deux après-midis, il m’a raconté son parcours, la guerre… C’était fascinant ! J’adorerais écrire une biographie sur lui. On valorise beaucoup l’expérience – à juste titre – mais, pour cela, quoi de mieux que de s’intéresser à l’histoire d’autres personnes, y compris nos proches ? D’aller voir comment elles ont fait, ce qu’elles ont traversé, comment elles s’y sont pris… Lorsque l’on est confronté à un problème, il me semble que la meilleure solution est de s’adresser à ceux qui les ont surmontés avant nous. Ils peuvent nous permettre de ne pas répéter leurs erreurs. Mais pour l’instant, la valeur de ces leçons de vie est largement sous-estimée.

Jean-Charles et moi avons donc creusé la piste des biographies. Nous aimions l’aspect éclectique, le fait qu’elles puissent nous emmener sur des terrains très différents : musique, cinéma, théâtre, politique, entrepreneuriat… Et comme je l’ai dit plus haut les biographies nous ont beaucoup aidés sur le plan personnel et professionnel. Alors on s’est dit : « Pourquoi on ne partagerait pas nos meilleures découvertes biographiques ? » On en a déjà lu beaucoup et depuis quelques mois, on en lit encore plus ! Les récits qui nous intéressent vont au-delà du style narratif. Ce n’est pas le détail des événements qui nous passionne, mais davantage l’analyse des « pourquoi ».

Le Club Longue Vue proposera aux abonnés de donner leur point de vue sur les livres proposés.

Comment fonctionne Longue Vue concrètement ?

Le projet Longue Vue s’adresse à tous les lecteurs curieux, à ceux qui veulent apprendre et progresser et bien sûr aux fans de biographies. On propose d’envoyer tous les mois une biographie à nos abonnés dans une belle box. À chaque fois, on aimerait les surprendre, qu’ils se disent : « Ah, je n’aurais jamais pensé que cet homme-là avait une vie aussi extraordinaire ! » Nous souhaitons couvrir des univers très différents grâce à une ligne éditoriale combinant surprise, variété et surtout inspiration. Nous choisirons des destins qui nous marquent – pas forcément les plus connus – et qui ont de fortes chances d’inspirer d’autres personnes.

On veut jouer au maximum sur le côté Club Privé avec un forum de discussion, des sessions Zoom autour de la lecture du livres, l’invitation de l’auteur lorsque c’est possible et/ou de spécialistes. Pour les abonnés à Longue Vue, l’objectif est d’être accompagné dans la lecture des biographies et de pouvoir donner sa clé de compréhension et son regard sur le livre. Et avec Jean-Charles, on pourra rentrer en contact avec les auteurs : la réalisation d’un vieux rêve !

De manière globale, nous souhaitons montrer qu’il n’y a pas que des biographies assommantes et académiques ! Certaines se lisent comme des histoires. C’est d’ailleurs aussi pour cela que l’on a choisi ce type de livres : parce qu’ils se lisent comme des histoires. Et parce que ce qui rassemble et ce qui fait progresser l’être humain depuis toujours, ce sont les histoires. Finalement, avec Longue Vue, notre ambition est de créer un mouvement qui rassemble tous ceux qui souhaitent apprendre, s’inspirer et changer de vie grâce à la lecture de biographies hors du commun. Alexis Jenni, Prix Goncourt 2011 et auteur du livre J’aurais pu devenir millionnaire, j’ai choisi d’être vagabond, a été notre premier invité : il a présenté sa biographie de John Muir en visioconférence en avant-première début septembre.

« Nous proposons d’envoyer tous les mois une biographie exceptionnelle dans une belle box à nos abonnés. »

Qu’avez-vous prévu pour le lancement ?

Nous avons organisé une campagne de crowdfunding pour couvrir les frais de commande, d’expédition et de logistique.

Cette campagne – qui commence le 15 septembre – nous permettra aussi de fédérer une communauté autour du projet et d’organiser un bel événement. Nous comptons sur la mobilisation de la communauté dès les premiers jours pour donner vie à ce projet. Toutes les contributions sont les bienvenues !

Vous avez aussi le projet de créer une maison d’édition…

Oui, à terme nous aimerions éditer nos propres biographies. D’abord traduire certaines biographies étrangères qui ne sont pas traduites en français, puis dénicher des destins hors du commun pour les mettre en mots. Tout cela prend plus de temps, c’est plus compliqué, il faut plus de ressources… Mais c’est notre vision à long terme du projet.

Le projet Longue Vue vous intéresse ? Plus d’infos ici !

Téléchargez le guide Écrivez votre histoire gratuitement !

Comment je suis devenue biographe indépendante… Bilan de deux ans d’entrepreneuriat

Claire Lorentz-Augier est devenue biographe il y a deux ans après avoir été cadre dans la fonction publique territoriale.
Claire Lorentz-Augier est devenue biographe il y a deux ans après avoir été cadre dans la fonction publique territoriale.

En 2018, je quittais un poste de cadre dans la fonction publique territoriale – et quinze ans de salariat – pour créer La ligne claire – Rédaction & biographies et devenir rédactrice et biographe freelance. L’entrepreneuriat n’est pas un long fleuve tranquille, mais rétrospectivement je suis fière du chemin parcouru. Voici un petit bilan pour témoigner et aider celles et ceux qui hésitent à se reconvertir.

De l’idée à la concrétisation du projet

2018-2020 : que s’est-il passé en deux ans ?

  • J’ai obtenu ma disponibilité de la fonction publique territoriale
  • Deux réseaux incroyables m’ont formée : les Compagnons biographes et Passeur de mots
  • J’ai écrit plusieurs centaines d’articles, finalisé six biographies et un storytelling pour un musée
  • En conjuguant travail et voyages, j’ai expérimenté avec plaisir le digital nomadisme
  • Grâce à mon site internet www.laligneclaire-redaction.com et à ma newsletter, je n’ai jamais été contrainte de démarcher
  • J’ai réceptionné plusieurs beaux témoignages d’anciens clients qui ont renforcé ma légitimité
  • J’ai réussi à pérenniser mon activité, à créer des partenariats et à déléguer certaines tâches comme la mise en page et la retranscription.

De l’énergie et du temps…


Bien sûr, tout n’a pas été facile !

  • J’ai travaillé énormément : pas de week-ends, peu de sorties, travail en soirée
  • J’ai dû affronter mes doutes et mes peurs. Le risque d’échec fait partie du jeu : rien de grave !
  • J’ai investi plus de 8 000 € en formations
  • Je me suis serré la ceinture la première année (par chance, la fonction publique ne m’avait jamais habituée à des salaires mirobolants 🙂 ). Il m’a fallu du temps pour comprendre la différence essentielle entre salaires et factures : si les tarifs horaires des indépendants peuvent paraître élevés, ils n’intègrent ni les taxes, ni les cotisations sociales et congés payés !
  • Il m’est arrivé de ressentir la solitude du freelance. Anciens collègues de Strasbourg et de Limoges, je me remémore parfois nos fous rires avec une larme à l’œil… Vive le co-working !
  • J’ai fait évoluer ma perception du temps : j’organise mon calendrier de travail comme je le souhaite en faisant le deuil des grandes plages de congés
  • Et surtout, j’ai accepté d’avancer à mon rythme. Le monde de l’entrepreneuriat fourmille de personnalités et de projets incroyables ! C’est très stimulant mais face à la multitude de propositions, il n’est pas facile de tout mener de front.

Rester en phase avec ses valeurs

Aujourd’hui, j’ai l’impression d’avoir atteint un premier palier.

La ligne claire – Rédaction & Biographies se développe bien dans un contexte économique morose. Pendant le confinement, j’ai continué les entretiens biographiques via Zoom, Skype et par téléphone.

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Désormais, il me semble indispensable de :

  • Prendre du recul pour faire évoluer la vision de La ligne claire – Rédaction & biographies
  • Redéfinir mon offre et mes tarifs pour me donner les moyens de la qualité sans m’épuiser
  • Développer les partenariats avec les acteurs de l’économie sociale et solidaire, de l’écologie, des arts et de la culture. Vous sentez concerné·e ? Contactez-moi !
  • Me former en continu pour être en mesure d’offrir toujours plus de valeur à mes clients
  • Déléguer et m’entourer de personnalités inspirantes pour continuer à m’épanouir dans mon travail.
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Tirer des leçons de ses erreurs

Mes tâtonnements et erreurs m’ont beaucoup appris. Voici les conseils que je donnerais aujourd’hui à un entrepreneur qui souhaiterait se lancer :

  • Faites un point objectif sur votre projet : êtes-vous prêt·e à investir du temps, de l’énergie et de l’argent dans cette aventure ? Sur quelles ressources financières pourrez-vous compter les premiers mois ?
  • Lancez-vous ! Rien ne sert de multiplier les études à l’infini. Après avoir sondé le marché et étudié la concurrence, testez votre offre sur le terrain. Les retours de vos premiers clients vous permettront de réajuster votre positionnement
  • Intégrez un ou plusieurs réseaux professionnels dans votre secteur d’activité : cela vous permettra d’échanger avec vos pairs autour de problématiques spécifiques et de bénéficier de précieux partages d’expérience
  • Formez-vous et faites-vous accompagner par un coach ou un mentor si vous sentez que vous avez besoin d’un regard extérieur sur votre activité. De nombreuses formations sont prises en charge par le CPF
  • Suivez votre intuition car l’alignement et la recherche de sens sont la base de tout projet entrepreunarial
  • Appréciez votre chance d’être aux commandes de votre activité : un horizon illimité de possibilités s’offre à vous !

Et vous, que souhaitez-vous célébrer sur le plan professionnel ?

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Si vous avez un projet de biographie, vous pouvez télécharger gratuitement le guide « Écrivez votre histoire » qui vous guidera dans toutes les étapes de cette belle aventure.